20 oct. 2009

Ombre et silence


















Où vas-tu matou en catimini
Sur tes coussinets de velours ?
Croquer de la voisine le canari
Ou avec sa chatte faire l'amour ?

L'incinérateur


Il n'y avait plus d'oiseaux
Au dessus des camps de la mort
Mais quand de la fumée surgit un corbeau
Pas de mauvais sang, pas de mauvais sort
C'est juste d'une usine un fourneau
Qui crache au ciel des volutes comme décor

18 oct. 2009

Pluie



Le canal, c'est banal, est fier de ses peupliers
La pluie, c'est l'ennui, vient tout brouiller
Et du ruban d'eau et des majestueux trembles
Naît un nouveau et singulier ensemble

Le canal, c'est rituel, est bien déçu
La pluie, c'est connu, prend le dessus
Promeneur plains les petits canaux
A plat ventre, ras, le ciel sur leur dos

17 oct. 2009

Secret garden


Regardez comme le jardinier agit,
Qu'il soit le Nôtre ou "the girl next door"
Sa main façonne un végétal paradis
A Versailles, avec des jets, des ors
Ou sur un modeste balcon exquis
Les fleurs devenues par sa main, des corps.

Souvenirs



Aux hommes mûrs et las, aux terrasses des cafés
Les femmes trentenaires qui passent indifférentes
Crient de beauté, et ravivent les intimes ententes
Qu'ils ont connues sur des draps chauds et froissés

13 oct. 2009

Pour des mots aux couleurs de l'automne



Ta vie, tu l’écris en couleurs
La plume dans mille encriers
La tête sur cent oreillers
Et pourtant tu te leurres
Tu les entends s’écrier
Reste à moi, demeure !

Calice



Dame au camélia, Dahlia noir
Femmes, méfiez-vous de vos idoles
A qui l’on compare votre corolle
Mais qui fanent l’instant d’un soir

Novembre



N’haïssez pas novembre, le pluvieux
C’est le temps de se mettre à table
Et d’être à la fourchette déraisonnable
Bolets, civets, potées et pot-au-feu
A s’en faire exploser le râble
Et les longues nuits pour être à deux

9 oct. 2009

Place côté jardin



Le métro est pavé de blanche faïence
Et truffé d'escaliers et de miroirs
Dans la bousculade des correspondances
J'attends, stoïque, pour y voir
Une échancrure, une défaillance
D'une robe sur une chair ivoire

7 oct. 2009

Sud perdu


Il erre sans loques, et il suffoque
Folle quête, rance sueur, misère
Déshérence, et rame dans la galère
L’air galeux, quelle belle époque !